Gironde : le handicap rendu responsable du déficit du Département.

2–3 minutes
Une personne en situation de handicap proteste depuis son balcon contre les mesures du département de la Gironde

En déficit de 101,8 millions d’euros, le Département de la Gironde lance une campagne de réévaluation des droits en aide humaine des personnes en situation de handicap.

L’objectif est clair : réduire des ressources vitales pour des publics déjà vulnérables.

Autrement dit, faire les poches des populations les plus faibles qu’il est mandaté de protéger.

Ces derniers jours, des personnes en situation de handicap de Gironde ont reçu des appels et courriers les contraignant à une réévaluation de leurs droits à la Prestation de Compensation du Handicap (PCH).

En particulier, les personnes habitant à leur domicile sont les premières ciblées.

La diminution de ces droits conditionne directement leur qualité de vie, leur sécurité et leur maintien à domicile.

Ainsi, ces réévaluations interviennent sans autre motif que la recherche d’économies, et apparaissent illégales.

Les associations concernées se mobilisent.

« Nous ne laisserons pas le Département détruire la sécurité et la qualité de vie des personnes en situation de handicap, ni en faire les responsables de sa gestion catastrophique »,

déclare le Docteur Catherine Sarrade, présidente de l’association service d’aide à domicile Tout Cérébrolésé Assistance (TCA).

« Le département a prôné l’interdiction de la mutualisation des aides humaines, et utilise aujourd’hui cette même mutualisation comme levier d’économie et de réduction des droits. »

Les associations concernées se mobilisent. Outre la formation en cours d’une action de groupe, une remobilisation du mouvement « Touche Pas à ma PCH » est envisagée.

En 2014, ce mouvement avait obtenu gain de cause pour maintenir des droits fondamentaux de personnes en situation de handicap en Gironde.

Pour l’association Tout Cérébrolésé Assistance, 25 ans de combat pour faire valoir les droits des personnes en situation de handicap.

Le Département n’en est pas à son premier coup d’essai, comme peut en témoigner l’association Tout Cérébrolésé Assistance (TCA), implantée sur la métropole bordelaise depuis 2000.

En effet, le service d’aide à domicile subit depuis 25 ans l’incapacité chronique du Département à reconnaître et financer ses missions. Ceci au détriment direct des personnes accompagnées.

En outre, l’association rappelle qu’elle n’a toujours pas reçu de versement de la dotation qualité, due depuis 2022, que 13 habitats inclusifs sont encore privés de l’aide à la vie partagée, et qu’elle n’a jamais bénéficié d’aucune tarification du Département.

Derrière la décision, l’inquiétude des familles.

Mme B., représentante légale de son fils, reste stupéfaite de l’annonce reçue par téléphone : « Nous allons venir réévaluer et diminuer les droits pour faire des économies. »

D’autres subissent des contrôles d’effectivité par téléphone, orientés vers la recherche de potentielles non conformités et d’usages pour réduire les droits.

M. M, dont le fils a été victime d’un accident de la route, fustige le Département. Il appelle à une mobilisation des élus et de la presse sur cette méthode indigne et cette injustice à l’égard des personnes en situation de handicap.

Les familles, représentants légaux, curateur·rices, écœuré·es par ces pratiques de harcèlement visant à réduire les droits des plus faibles, ont constitué un collectif juridique avec leurs avocats.

Parce que les droits ne se négocient pas au nom du déficit.

Co-signé par :

Tout Cérébrolésé Assistance

Alter Insertion

Rassemblement Solidaire de Tous les Cérébrolésés

Fonds Inclusio

Laisser un commentaire

En savoir plus sur INCLUSIO

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture